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12 Fév

Et si on vivait tous ensemble ?

Interview de Pierre Richard au sujet de son dernier film

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Interview VIP de Pierre Richard

12 Fév

Cette semaine, retrouvez une personne que tous les français adorent. C’est quelqu’un qui a été réalisateur même si on a un peu oublié. En tout cas, c’est un des comédiens qui le plus marqué les français et qu’on n’associe qu’à des bons souvenirs. Il a été plus de 20 ans numéro un du box office français, une époque où le nom de l’acteur était plus gros que le nom du film. Je veux bien sûr parler de Pierre Richard, immense acteur.

Voici son histoire d’après ces propres mots qu’il a accordés à Frédéric Lopez sur RFM :

Durant son interview, avant de parler de sa vie, Pierre Richard évoque la personnalité d’une actrice d’exception qui joue sa femme dans son dernier film « Et si on vivait tous ensemble ? » sorti le 18 Janvier dernier , madame Jane Fonda, prouvant par la même occasion l’humilité que l’acteur peut avoir de lui-même :

« Quand on me l’a annoncé au téléphone, je me souviens que j’étais debout. Je me suis assis. J’étais le mari d’un mite. C’était quand même imprévisible pour moi. C’était pas prévu au départ. Et puis, ça m’a foutu le trac d’ailleurs tout de suite. Mais ce qu’il y’a de plus fort. D’ailleurs ça m’a désinhibé c’est que que je l’ai vu, ils se sont arrangés pour qu’on se voit ensemble enfin tous ensemble, pas tout seul avec Jane dans une chambre. Ils se sont arrangés pour qu’on déjeune, dîne plutôt. Et puis, je ne sais pas ce que j’ai dit, je me souviens plus. Et Jane m’a regardé 3 secondes. 4 secondes c’est long. Et elle  m’a dit « j’aime bien mon mari ». Elle était géniale. Elle m’avait jamais vu. On lui avait dit qui j’étais. Et puis un beau jour, elle m’a dit « tu veux pas me donner un DVD de tes films parce que je voudrais quand même te voir, je sais pas comment tu es ». Le lendemain, je lui ai donné le grand bond, je me souviens plus. Probablement. Et elle l’avait le soir même regardé. Le lendemain elle me l’a rendu. Vu que les journées qu’elle faisait, c’était quand même particulièrement courageux. Parce qu’elle se levait à 6 heures 30 du matin, fallait qu’elle se maquille, elle jouait toute la journée, après elle se démaquille, après elle va manger, après elle va sortir parce qu’elle sortait et puis elle rentrait je sais pas vers minuit et elle trouvait le moyen d’avoir regardé le film à je ne sais pas quelle heure. Et elle me dit le lendemain « tiens le voilà, t’en as pas un autre ». Elle en a vu 5 de moi durant le tournage. C’est incroyable. Ca prouve la générosité de la dame. »

Puis Pierre Richard évoque son âge et le fait qu’il n’a pas conscience d’être si vieux :

 » Je n’ai pas encore terminé mon adolescence. Je ne le cache pas parce que je ne le sens pas. Peut-être que si j’en prenais vraiment conscience, je serais épouvanté. Mais comme j’en n’ai pas conscience, je m’en fous totalement. Je fais les mêmes choses qu’à 20 ans, je parle physiquement. Là c’est un rôle de composition. »

Et de poursuivre au sujet de la maladie d’Alzheimer, thème central du film :

 » Oui mais ça alors là je n’ai pas de mal. Non pas parce que je l’ai mais parce que j’en ai les stigmates. Parce que je suis rêveur et qu’on pense toujours que j’oublie. Ce n’est pas que j’oublie, c’est que je suis ailleurs. »

Et au sujet de l’oubli :

« C’est une arme. Si vous commencer à m’emmerder, je pense à autre chose. Là ça va je tiens encore le coup. »

Puis Pierre Richard évoque son enfance  et de son destin qui aurait dû être le sien :

« Je devais devenir polytechnicien. J’avais un chauffeur qui m’emmenait à l’école. Je lui demandais de m’arrêter 50 mètres avant parce que j’avais honte. Je grandis un peu partout parce que la chance que j’ai eu et ça je le souhaite à tout le monde, c’est que mes parents étaient divorcés. Ca a l’air de rien mais ça me servira. De temps en temps, j’étais chez ma mère et de temps en temps j’étais du côté de mon père. Du côté de mon père, c’était une famille aristocratique, riche avec château, avec des principes et des rigueurs. Et du coup on m’a ramené dans ce milieu là de force si on peut dire. Mon grand-père a voulu que je revienne pour que mes 3 dernières années soient …Parce que jusque là, je ne faisais pas grand chose. Je passais  la plupart du temps en pension. Et pas la peine d’être aussi riche pour bouffer de la merde tous les jours parce que j’ai vraiment eu froid et faim surtout pendant la guerre. Mon père avait des ambitions que je soit polytechnicien. Il était polytechnicien, son gendre était polytechnicien, mon cousin était polytechnicien. Et moi j’étais juste poli là-dedans. C’est pas pour autant que je savais que j’allais être acteur. C’est ma mère qui a foutu le ver dans le fruit. Ca se fait souvent à l’époque dans les familles, la ptite fille joue du piano. « Oh ma ptite fille va vous jouer du piano à la fin du repas. » Et moi ma mère elle avait dit « Oh ben mon ptit fils va vous dire la tirade du nez de Cyrano de Bergerac. « Alors j’ai appris la tirade du nez.  Elle m’avait offert un costume de mousquetaire. Quand même content, j’avais une épée. Et à la fin du repas, je disais la tirade du nez. Et quand je suis retourné pour mes dernières années au château et quand il y’avait du monde , et y’en avait souvent, ma grand-mère disait « Oh bah mon ptit fils va vous déclarer la tirade du nez.  » Moi j’étais derrière la porte du grand salon où il y’avait une quinzaine de personnes, y’avait le chambellan qui était à côté de moi et je lui disait « Comment ils sont ? ». Sans le savoir, je retrouvais déjà les mêmes conditions de l’acteur. Je disais la tirade du nez. On me disait « Ah vraiment bravo mon ptit Pierre. « C’était le seul moment où j’avais des félicitations vu qu’en dehors de ça j’étais le canard boiteux. Je suis un des rares qui a triplé sa 3ème. Leur soucis à l’époque c’était « Qu’est-ce qu’il va faire dans la vie ? Comment il va s’en sortir quand on ne sera plus là ? » . D’autant plus, entre parenthèse que mes grand-parents qui m’aimaient beaucoup et se faisaient beaucoup de soucis pour moi parce qu’ils savaient bien que je n’aurais rien de cette fortune parce que mon père a tout bouffé. Je me suis fait tout seul. Mon père a joué aux courses. Ma grand-mère m’avait dit « Ne pense pas que tu auras quelque chose de ton père. » Je crois même qu’à la fin de ses jours, c’est moi qui lui prêtais un peu d’argent. »

Et Pierre Richard parle alors de  son grand-père et de la phrase qui restera à jamais gravé dans son esprit et qui lui permettra de croire en lui en toutes circonstances :

« Mon grand-père, c’était l’immigré italien. Et malheureusement, il est mort trop jeune pour moi parce que je l’adorais. Sur son lit de mort, il avait dit  » Ce sera le seul de mes petits-fils qui va réussir. » Cette phrase, elle m’est restée gravée, très fortement encrée en moi quand plusieurs années plus tard j’ai commencé à être au théâtre.
Et puis c’est long, je n’ai pas fait mon premier film tout de suite, j’ai galéré pendant des années. Mais j’ai galéré calmement parce que j’avais cette certitude au fond de moi « Ca va venir parce que mon grand-père l’a dit. » C’est énorme cette espèce de confiance en moi qu’il m’a donné alors que je ne vivais pas toujours des choses rigolotes. »

Pierre Richard donne alors le moment de sa vie où il a décidé d’être acteur :

« J’étais pensionnaire. L’avantage de la pension, c’est que le Lundi matin vous rentrez en pension et vous rentrez chez vous que le Samedi.  Au lieu que ce soit une privation de liberté c’était beaucoup mieux parce que moi si je partais le Lundi matin de chez moi,  je n’allais pas en pension. J’écrivais tellement de lettres signées par mon père que quand il fallait que mon père m’en fasse une c’est moi qui dévait la recopier pour la rendre crédible. J’écrivais donc comme quoi j’avais une angine par exemple et on me voyait plus jusqu’à samedi ni à la maison ni en pension. A 16, 17 ans, j’allais chez des amis dont la dame bizarrement au lieu de me dénoncer disait « ce pauvre garçon ». Je crois qu’elle m’avait compris. Et elle avait 7 enfants, pour moi qui était fils unique c’était génial. Bref, au lieu d’aller en pension, une après-midi, j’étais dans un cinéma pour voir Danny Kaye caché dans le fond parce que j’avais qu’une trouille c’est que quelqu’un me voit ou même ma grand-mère qui aurait été allé voir le film et qui dirait « Qu’est-ce que tu fous là? ».  Je me cachais. Je sortais pas beaucoup parce que la ville est petite « (Valenciennes) « et qu’on peut toujours tombé sur quelqu’un qui vous dit « Tiens, j’ai vu votre petit fils cet après-midi », « Comment? ». Bref, je vois Danny Kaye, je vois « Un fou s’en va en guerre » et j’ai eu le coup de foudre, le déclic, j’ai compris que c’était ça que je voulais faire. Il était grand, il était blond, il dansait, il chantait, il était très drôle. C’était une grosse star des années 50, Danny Kaye, c’était une star hollywoodienne. Je ne le savais pas, je l’ai découvert comme ça.  Et c’est comme s’ il m’avait transmis un relais sans me connaître. J’ai bien sûr rien dit le soir en rentrant mais je savais que c’était ça que je voulais faire. Et après le bac, j’ai décidé de faire ça. C’est là où j’en arrive où mon père ayant dit non ma mère a dit oui. C’est ça l’avantage du divorce, vous n’avez pas un front unis en face de vous. Il suffit qu’il y’en ait un qui dise non pour que l’autre dise oui. Pour finir l’histoire de Danny Kaye, c’est que beaucoup plus tard quand j’ai fais le grand blond avec une chaussure noire avec Yves Robert, on est allé le présenter à New-York. Il est resté longtemps d’ailleurs. Et en sortant du cinéma, il y’avait plein de monde sur le trottoir. Et une dame s’est jetté sur moi en me disant « Monsieur, j’ai adoré ce film. Puis je vous ai adoré, je vous ai trouvé tellement poétique tellement drôle. Et puis vous me faîtes tellement pensé à mon père. » Et elle s’en va. Et je me retourne vers Yanou Collart qui était l’attaché de presse et lui demande « Yanou, tu connais cette dame ? » « Oui c’est la fille de Danny Kaye ». J’ai couru dans la foule, j’ai cherché partout pour lui dire « Madame, si je suis là, c’est votre père ». »

N’est-ce pas incroyable qu’il est choisi ce métier à cause d’un acteur dont la fille lui dit bien des années plus tard qu’il lui fait pensé à son père ? Le destin, toujours le destin, mais je m’égare…, Pierre Richard parle ensuite de ses années entre 20 et 30 ans :

« Y’a eu beaucoup de cabaret avec Victor Lannoux. On faisait la Galerie, on faisait l’Ecluse. On fait des sketchs avec Victor Lannoux. On avait notre petite enveloppe, on prenait la voiture et on filait à l’Ecluse. Là y’avait Barbara. On en faisait un deuxième « (de sketch) » parce qu’ un tout seul ç’était pas beaucoup pour manger. Finalement, on mangeait le lendemain ce qu’on avait gagné la veille. Y’avait que le Lundi qui était dur car on ne travaillait pas le dimanche. Evidemment, j’étais porté par cette phrase de mon grand-père qui m’a au combien sauvée. Mais ça ne m’empêchait pas de temps en temps d’avoir des doutes. Mais je ne souviens pas d’avoir eu des doutes. En plus, j’avais une telle confiance en moi si je puis dire. Pardon, mais c’est que je ne fréquentais pas les couloirs de la honte, on appelait cela comme ça les couloirs de la télévision. Je n’ai jamais cherché à avoir un rôle à la télévision. Je ne passais pas des auditions. J’attendais. C’est quand même le comble que j’attende qu’on m’appelle quand on n’est pas connu, faut le faire.  »

Il y’avait une hiérarchie forte à l’époque entre cinéma, théâtre et télévision et au sujet des auditions de télévision, Pierre Richard déclara :

 » On voyait pas un metteur en scène. Avec un peu de chance, on voyait le premier assistant. Mais des fois, on ne voyait que le deuxième. Toute chose dont je me suis passé vu que je ne le faisais pas. Mes camarades et c’était normal me disaient « Tiens demain, j’ai rendez-vous avec un assistant et j’espère que… ». Et ils attendaient une heure, une heure et demie dans un couloir. C’est pour ça qu’on appelait ça les couloirs de la honte. Parce que c’était pas toujours très gentil ce métier. »

Pierre Richard raconte alors la rencontre qui a tout changé dans sa vie à 38 ans seulement, celle d’avec Yves Robert et de son premier rôle dans son film « Alexandre le bienheureux » :

« Un jour, j’ai passé une audition, c’était lui qui jouait. » (Yves Robert)  » Il n’était pas le metteur en scène. Mais comme c’était une pièce avec deux personnages, le partenaire l’intéressait au combien. Le metteur en scène qui s’appelait Boursier faisait passer des auditions à plein d’acteurs. Il m’a dit « Si tu n’es pas pris, ce n’est pas de ma faute ». Le lendemain, il m’a appelé pour me dire « T’es pris. », j’ai dit  « C’est qui ? », « Yves Robert ». J’ai joué avec Yves Robert pendant 3 mois, 4 ou 5 mois même. Et puis après on ne s’est pas revu. Mais un an après, il m’a rappelé et m’a dit « j’ai écrit Alexandre le bienheureux », je t’ai écrit un rôle, il est petit mais je l’ai écrit pour toi. Parce que justement, il a vite compris qui j’étais avant même que je comprenne moi même : un personnage. Et c’est ce qu’il m’a dit quand j’ai tourné avec lui dans ce bienheureux Alexandre. C’était la première fois que Philippe Noiret avait un grand rôle au cinéma, la première fois que Marlène Jobert avait un grand rôle au cinéma. Y’avait Carmet qui lui revenait parce qu’on l’avait un peu perdu de vu le pauvre et après il n’a plus arrêté. Et je n’ai plus arrêté de le voir. Et puis c’est là qu’il m’a dit un jour »  (Yves Robert) » en marchant sur une voie ferrée « Tu n’es pas un acteur, tu es un personnage. Tu n’as aucune place dans le cinéma français ». D’un coup, j’ai mes épaules qui se sont un peu tassées. Il m’a dit « Fais ton film, fais ton cinéma ». »

Et c’est ce que fis Pierre Richard et réalisa son film « Le Distrait » :

« Là-dessus, je file à la Coupole. J’y allais tous les soirs. Y’avait tous mes copains, Grunberg, Steinberg et Revelland. « Voilà ce qu’on m’a dit. » Là, Revelland me dit achète « le Distrait » extrait du Ménacle de La Bruyère. Le lendemain, j’étais à une librairie, j’ai acheté La Bruyère. Je lui dit « T’as raison, c’est ça. C’est moi. » Je lui demandé  « T’as pas envie de l’écrire avec moi ? »  Il m’a dit « Pourquoi pas. » Et on a écrit ensemble « le Distrait ». Et un an plus tard,  je suis allé voir Yves Robert. J’ai dit « Tu te souviens de ce que tu m’a dit il y’a un an?  » Il me dit « Oui. » « Et bien voilà, « le Distrait. » Et il m’a dit, je le produit. Et je lui dit, « Mais qui va le mettre en scène ? » Je lui ai même demandé « Tu veux pas le faire toi même ? »  » T’es fou, tu vas le faire tout seul.  » « Mais j’ai jamais fait de cinéma. »  » Je m’en fous, je te mettrais un assistant, un solide mais je ne veux pas que tu le donnes à un autre car il le raménera à lui et je veux garder ton univers à toi.  » J’ai foncé à la Coupole et j’ai dit à toute ma bande « Je vais faire mon film. »

Dès lors, Pierre Richard enchaînera les comédies notamment en formant un duo inoubliable en compagnie de Gérard Depardieu. Pierre Richard termine alors ses confessions en parlant du succès qu’il a rencontré et de sa position de star :

« Je savoure. Je partais tourné en voiture et me disais « Qu’est-ce que c’est beau la vie. ». Je n’ai jamais vraiment pris conscience de ça. Pendant longtemps, je m’aimais pas trop même physiquement. J’ai commencé à m’aimer quand j’ai commencé à me laisser pousser la barbe et les cheveux. Je me rendais pas trop compte de mon succès. Je m’en rendais compte parce que j’avais les moyens que je n’avais pas avant. Mais je veux dire, je me suis toujours senti proche des gens. Peut-être encore plus même avec le succès. Y’en a qui se distancie avec le succès mais moi je me suis rapproché. Parce que j’ai toujours eu conscience que c’était pas l’éhtique qui m’avait fait mais le public. »

 

 

 

Retrouvez toutes les semaines le parcours incroyable d’une célébrité sur ce blog !

11 Fév

Fan inconditionnel de cinéma et de télévision, j’ai moi même toujours voulu en secret devenir acteur voire réalisateur sans avoir assez de cran pour me lancer réellement dans cette quête ni même savoir si j’avais le talent pour le faire. Retrouvez au travers de ce blog toutes les confidences d’une célébrité de ce monde de paillettes.

Car les interview retranscrites peuvent toujours être mal interprétées ou parce que le journaliste fait le choix de ne choisir que certains extraits sortis de leur contexte afin de provoquer du buzz, je choisirai ici uniquement les « mots véritables » que chaque personnalité a pu dire ou confesser notamment au micro de Frédéric Lopez lors de ses interviews vip sur RFM.

Au passage, je trouve ce journaliste particulièrement talentueux qui sait inventer des concepts d’émissions divertissants et de qualité mais qui a aussi un sens inégalé pour obtenir des confidences parfois surprenantes sur ses invités.

Vous découvrirez donc au fil des semaines que chaque personnalité a eu un destin incroyable et que même parfois leur carrière s’est jouée sur des concours de circonstances. Moi, j’attends toujours le miracle qui lancera la mienne….